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Comment est imposé le déblocage de votre PER en 2026 ?

Le déblocage d'un PER est-il imposable ? Découvrez la fiscalité complète : sortie en capital, en rente, cas de déblocage anticipé et impacts de la loi 2026.

Isabelle PicardIsabelle Picard 10 min de lecture
Déblocage d'un PER : imposition et fiscalité 2026

Oui, le déblocage d'un PER est imposable, mais le régime fiscal appliqué dépend de trois facteurs, l'origine des sommes retirées, le mode de sortie (capital ou rente) et le motif du déblocage (retraite ou anticipé). La réponse n'est donc ni un « oui » ni un « non » uniforme, chaque compartiment fiscal du contrat suit des règles distinctes. Voici le détail complet pour anticiper le montant net que vous percevrez réellement.

Le déblocage d'un PER est-il imposable ? La réponse directe

La fiscalité du déblocage d'un PER repose sur une distinction fondamentale, toutes les sommes ne sont pas logées dans le même compartiment fiscal. Ce contrat fonctionne comme un réceptacle à trois compartiments, chacun obéissant à des règles d'imposition différentes à la sortie.

Le premier compartiment contient les versements volontaires déduits de votre revenu imposable pendant la phase d'épargne. Ces sommes, qui ont bénéficié d'un avantage fiscal immédiat, sont imposables à l'impôt sur le revenu au moment du déblocage, selon le barème progressif. C'est la contrepartie logique de la déduction dont vous avez profité.

Le deuxième compartiment regroupe les versements volontaires non déduits, pour lesquels vous n'avez pas utilisé l'avantage fiscal à l'entrée. À la sortie, ces sommes sont exonérées d'impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent sur les plus-values générées, pas sur le capital.

Le troisième compartiment englobe l'épargne salariale (intéressement, participation, abondement) et les cotisations obligatoires dans le cadre d'un PER d'entreprise. Leur régime fiscal à la sortie est généralement plus favorable, avec une exonération d'impôt sur le revenu pour le capital, mais une taxation des plus-values.

Pour approfondir le fonctionnement global du PER, consultez notre guide complet du plan épargne retraite.

Sortie en capital du PER : le barème fiscal détaillé

Lorsque vous optez pour une sortie en capital, le traitement fiscal se décompose en deux strates distinctes, le capital lui-même et les plus-values accumulées. Des règles précises sont prévues pour chaque compartiment d'origine.

Voir aussi notre article per acacia avis 2026 : frais, performance 3,42 %.

Pour les versements volontaires déduits, le capital retiré est réintégré dans votre revenu imposable l'année du déblocage et taxé au barème progressif de l'impôt sur le revenu (tranches de 0 %, 11 %, 30 %, 41 % ou 45 % selon votre situation). Les plus-values correspondantes sont soumises au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 12,8 %. Vous conservez la possibilité d'opter pour le barème progressif si cette option est plus favorable.

Pour les versements volontaires non déduits, le capital est exonéré d'impôt sur le revenu. Seules les plus-values sont taxées, PFU de 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu (ou barème sur option) et 17,2 % de prélèvements sociaux. Au total, les gains subissent donc un prélèvement de 30 % (12,8 % + 17,2 %) en l'absence d'option pour le barème.

Les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent dans tous les cas sur les plus-values, quel que soit le compartiment d'origine. Le capital issu de l'épargne salariale et des cotisations obligatoires bénéficie d'une exonération d'impôt sur le revenu, les plus-values restant taxées au PFU de 12,8 %.

Pour une analyse approfondie de la fiscalité de sortie, lisez notre article sur le déblocage PER à la retraite et son imposition.

Versements volontaires déduits : imposition au barème

Les versements que vous avez déduits de votre revenu imposable durant la phase d'épargne subissent une imposition différée. Au déblocage, le capital est intégré à votre revenu global et taxé selon votre tranche marginale d'imposition. Un versement de 5 000 € déduit en 2026 sera ainsi soumis au barème progressif lors du retrait. La logique est celle du report d'imposition, vous payez l'impôt à la sortie plutôt qu'à l'entrée. Ce mécanisme est particulièrement intéressant si votre taux marginal d'imposition est plus faible à la retraite qu'en période d'activité.

Versements volontaires non déduits : capital exonéré

Si vous avez volontairement renoncé à la déduction fiscale lors du versement, le capital correspondant est exonéré d'impôt sur le revenu au déblocage. Cette stratégie peut s'avérer pertinente si vous anticipez une tranche marginale élevée à la retraite. Seules les plus-values générées par ces sommes sont imposées, au PFU de 12,8 % (ou barème sur option), auxquels s'ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 %. Le capital lui-même sort net de tout impôt, ce qui constitue un avantage notable pour les épargnants fortement imposés.

Plus-values et prélèvements sociaux : le cumul à 30 %

Quel que soit le compartiment, les plus-values réalisées sur le PER sont systématiquement assujetties aux prélèvements sociaux au taux de 17,2 %. À cela s'ajoute l'impôt sur le revenu au taux de 12,8 % (PFU), soit un taux global de 30 % sur les gains. L'option pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu reste ouverte si vous y trouvez un avantage, notamment lorsque votre taux marginal est inférieur à 12,8 %. Cette option doit être exercée lors de la déclaration de revenus de l'année du déblocage.

L'essentiel

  • Le déblocage d'un PER est imposable, mais le régime fiscal varie selon l'origine des sommes : les versements déduits sont taxés au barème de l'IR, les versements non déduits sont exonérés d'IR.
  • Les plus-values sont systématiquement soumises au PFU de 12,8 % (ou barème sur option) et aux prélèvements sociaux de 17,2 %, soit un taux global de 30 %.
  • Les 6 cas de déblocage anticipé (invalidité, décès, chômage, surendettement, cessation d'activité, achat de RP) ne bénéficient pas tous des mêmes exonérations de plus-values.
  • La sortie en rente viagère est partiellement imposée selon un barème dépendant de l'âge : 40 % de fraction imposable à 60 ans, 30 % à 70 ans.
  • La loi de finances 2026 a mis fin à la déductibilité des versements après 70 ans et uniformisé les prélèvements sociaux sans bouleverser la fiscalité de sortie.

Sortie en rente viagère : comment la rente est imposée

La sortie en rente viagère suit un régime fiscal différent de la sortie en capital. La rente est imposée à l'impôt sur le revenu, mais pas dans sa totalité, une fraction seulement est réintégrée au revenu imposable, selon un barème qui dépend de votre âge au moment du premier versement.

Ce barème de taxation partielle est le même que celui applicable aux pensions de retraite classiques et aux rentes viagères à titre onéreux (RVT0). Il prévoit une exonération croissante avec l'âge, plus vous êtes âgé au moment de l'entrée en jouissance de la rente, plus la part exonérée est importante. Par exemple, pour une rente liquidée à 60 ans, la fraction imposable est de 40 % ; à 70 ans, elle tombe à 30 %.

Les prélèvements sociaux au taux réduit s'appliquent également sur la rente. Depuis 2026, le taux est passé à 17,2 % sur la part de la rente correspondant aux plus-values, tandis que la part correspondant au capital subit les prélèvements sociaux au taux applicable selon le compartiment d'origine. Cette distinction peut complexifier le calcul pour les épargnants disposant d'un contrat ancien.

Pour les versements volontaires non déduits, la rente issue de ces sommes bénéficie d'une assiette d'imposition réduite puisque seul le produit (intérêts et plus-values) est taxable à l'impôt sur le revenu. Le capital lui-même, déjà fiscalisé avant versement, reste exonéré. La fiscalité du PER à la sortie mérite une attention particulière avant tout arbitrage entre rente et capital.

Déblocage anticipé du PER : les 6 cas et leur fiscalité

Six cas précis permettent de débloquer le PER avant l'âge légal de la retraite, chacun assorti d'un régime fiscal spécifique. Ces cas de déblocage anticipé sont prévus par la loi Pacte et restent inchangés dans leur principe par la loi de finances 2026.

Dans tous les cas de déblocage anticipé, le capital correspondant aux versements volontaires déduits reste imposable à l'impôt sur le revenu selon le barème progressif. Les versements non déduits conservent leur exonération. La vraie différence réside dans le traitement des plus-values, qui peuvent bénéficier d'exonérations partielles ou totales selon le motif du déblocage.

Pour un panorama complet des cas de déblocage anticipé, notre guide sur le plan épargne retraite et son déblocage détaille chaque situation avec des exemples chiffrés.

Invalidité, décès et expiration des droits au chômage

En cas d'invalidité (vous ou votre conjoint) classée en 2e ou 3e catégorie, le déblocage anticipé est exonéré d'impôt sur le revenu sur les plus-values. Même avantage pour le décès du titulaire, les bénéficiaires désignés perçoivent le capital avec une exonération des plus-values. Enfin, l'expiration des droits aux allocations chômage permet un déblocage où les plus-values issues des versements déduits restent taxables au PFU de 12,8 %, sans exonération particulière.

Surendettement, cessation d'activité et acquisition de RP

La procédure de surendettement permet un déblocage avec exonération d'impôt sur les plus-values. La cessation d'activité non salariée à la suite d'un jugement de liquidation judiciaire offre la même exonération. L'acquisition de la résidence principale constitue un cas à part, les plus-values sont soumises au PFU de 12,8 % (ou barème sur option), sans exonération spécifique, contrairement à une idée répandue. Ce point est détaillé dans la section suivante.

Déblocage PER pour résidence principale : une fiscalité avantageuse

L'achat d'une résidence principale est l'un des six cas de déblocage anticipé du PER, mais il est souvent mal compris sur le plan fiscal. Contrairement à ce que beaucoup d'épargnants imaginent, ce déblocage ne bénéficie d'aucune exonération spécifique sur les plus-values.

Concrètement, lors d'un déblocage pour achat de résidence principale, le capital correspondant aux versements volontaires déduits est intégré à votre revenu imposable et taxé au barème progressif. Le capital issu des versements non déduits est exonéré d'impôt sur le revenu. Les plus-values, quel que soit le compartiment, sont soumises au PFU de 12,8 % (ou barème progressif sur option) et aux prélèvements sociaux de 17,2 %.

Ce régime fiscal est donc aligné sur celui du déblocage classique à la retraite. L'avantage du déblocage anticipé pour résidence principale n'est pas fiscal, il réside dans la possibilité d'accéder à votre épargne retraite avant l'âge légal pour financer un projet immobilier. C'est une souplesse que n'offraient pas les anciens dispositifs (PERP, Madelin) et qui constitue l'un des atouts majeurs du PER.

Si vous envisagez un déblocage anticipé de votre PER pour la retraite, anticipez bien le choc fiscal, un retrait important peut vous faire changer de tranche marginale d'imposition.

Simulation : combien d'impôt sur un déblocage de PER ?

Prenons l'exemple concret d'un épargnant, Marc, qui liquide son PER à 65 ans avec un capital total de 100 000 €. Son contrat se décompose ainsi, 70 000 € de versements volontaires déduits, 10 000 € de versements non déduits, et 20 000 € de plus-values. Marc est dans la tranche marginale à 30 %. Il opte pour une sortie en capital.

Sur les 70 000 € de versements déduits, Marc paie l'impôt sur le revenu à 30 %, soit 21 000 €. Sur les 10 000 € de versements non déduits, exonération totale. Sur les 20 000 € de plus-values, PFU de 12,8 % (2 560 €) + prélèvements sociaux de 17,2 % (3 440 €), soit 6 000 € au total.

Total de l'imposition, 21 000 € (IR sur capital déduit) + 6 000 € (PFU + PS sur plus-values) = 27 000 €. Marc perçoit donc un capital net de 73 000 € sur un contrat de 100 000 €. Ce taux d'effort fiscal de 27 % s'explique par le poids des versements déduits, qui concentrent l'essentiel de l'imposition.

Ce calcul illustre l'importance d'arbitrer entre versements déduits et non déduits tout au long de la phase d'épargne. Pour anticiper votre propre situation, n'hésitez pas à consulter notre article sur les inconvénients du PER, qui recense les pièges fiscaux à éviter.

Sources

Fiche pratique

Compartiment fiscalVersements déduits
Imposition du capital à la sortieBarème progressif IR (0 à 45 %)
Imposition des plus-valuesPFU 12,8 % ou barème sur option
Prélèvements sociaux17,2 % sur les plus-values
Exonération IR possibleNon (sauf cas invalidité/décès/surendettement)

Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.

Questions sur la retraite

Quelle fiscalité à la sortie d'un PER ?

La fiscalité de sortie dépend du compartiment d'origine des sommes. Les versements volontaires déduits sont imposés au barème progressif de l'impôt sur le revenu (0 à 45 %). Les versements non déduits sont exonérés d'impôt sur le revenu. Dans tous les cas, les plus-values sont soumises au prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % (ou barème sur option) et aux prélèvements sociaux de 17,2 %, soit un taux global de 30 %.

Quelle est la fiscalité en cas de sortie en capital ?

En sortie en capital, le traitement fiscal est dual : le capital issu des versements déduits est réintégré au revenu imposable et taxé au barème progressif ; le capital issu des versements non déduits est exonéré. Les plus-values sont soumises au PFU de 12,8 % (ou barème sur option) et aux prélèvements sociaux de 17,2 %. L'épargne salariale et les cotisations obligatoires bénéficient d'une exonération d'IR sur le capital.

Quels sont les 6 cas de déblocage anticipé d'un PER ?

Les six cas de déblocage anticipé sont : l'invalidité (2e ou 3e catégorie) du titulaire ou de son conjoint, le décès du titulaire, l'expiration des droits au chômage, le surendettement, la cessation d'activité non salariée suite à une liquidation judiciaire, et l'acquisition de la résidence principale. Chaque cas suit un régime fiscal spécifique, notamment concernant l'exonération des plus-values.

Quels sont les frais de sortie en capital d'un PER ?

Les frais de sortie en capital du PER varient selon les contrats. Ils peuvent inclure des frais de gestion de sortie, des frais d'arrérage pour la rente, ou des frais de transfert. Ces frais sont contractuels et ne relèvent pas du régime fiscal obligatoire. Avant tout déblocage, consultez les conditions générales de votre contrat pour identifier les éventuels frais de sortie applicables.

Est-ce que le déblocage anticipé du PER est imposable ?

Oui, le déblocage anticipé du PER est imposable. Le capital correspondant aux versements déduits reste soumis au barème de l'impôt sur le revenu. Les plus-values sont taxées au PFU de 12,8 % et aux prélèvements sociaux de 17,2 %, sauf dans certains cas (invalidité, décès, surendettement) où elles sont exonérées d'impôt sur le revenu. Les versements non déduits restent exonérés d'IR.