Aller directement au contenu
Prép'RetraitePrép'Retraite
PER

Ouvrir un PER en 2026 : les étapes clés et les pièges à éviter

Comment ouvrir un PER en 2026 : conditions, comparatif des offres bancaires et assurantielles, démarches pas à pas et pièges à éviter pour optimiser

Isabelle PicardIsabelle Picard 20 min de lecture
Comment ouvrir un PER : démarches, frais réels et pièges
IL FAUT OUVRIR UN PER SI VOUS RÉPONDEZ À CES CONDITIONS !

Ouvrir un PER individuel nécessite d'être majeur (18 ans révolus) depuis le 1er janvier 2024, sans condition de revenus ni d'emploi. La souscription s'effectue en ligne ou en agence auprès d'une banque, d'un assureur ou d'un courtier, après comparaison des frais de gestion (0,10 % à plus de 1 % par an selon le contrat). Le versement initial minimum varie de 50 € à 500 € selon l'établissement choisi.

Ouvrir un PER individuel demande de comparer trois critères : le type de contrat (bancaire ou assurantiel), les frais annuels et la qualité des supports d'investissement. Depuis le 1er janvier 2024, seuls les majeurs peuvent souscrire, sans condition de revenus ni de statut professionnel (service-public.fr, 2026). Les démarches sont simples, mais un mauvais choix de contrat coûte cher sur 20 ou 30 ans.

En bref

  • Seuls les majeurs (18 ans) peuvent ouvrir un PER individuel depuis le 1er janvier 2024 – sans condition de revenus ni d'emploi.
  • Le plafond de déduction fiscale 2026 atteint 38 448 € (10 % de 8 PASS), avec une durée de report des plafonds inutilisés portée à 5 ans.
  • Le choix entre PER bancaire (compte-titres, supports larges, frais bas) et PER assurantiel (fonds euros sécurisés, frais plus élevés) détermine le rendement net à long terme.
  • Les frais de gestion annuels varient de 0,10 % à plus de 1 % selon le contrat : cet écart, capitalisé sur 25 ans, peut représenter plusieurs milliers d'euros de différence.
  • Un PER n'a d'intérêt fiscal réel qu'à partir d'un taux marginal d'imposition de 30 % ; pour les profils non imposables, d'autres enveloppes (PEA, assurance-vie) sont souvent plus adaptées.

Comprendre le PER taux 2026 : rendement, fiscalité et frais expliqués est essentiel pour optimiser votre épargne.

PER bancaire ou PER assurantiel : le choix structurant

Deux catégories de PER individuel coexistent : le PER bancaire (compte-titres) et le PER assurantiel (contrat d'assurance de groupe). Le choix entre ces deux formes engage la qualité des supports disponibles, le niveau des frais et la souplesse de gestion pendant toute la durée de détention.

Le PER bancaire fonctionne comme un compte-titres classique logé dans une enveloppe retraite. Il donne accès à l'ensemble des instruments financiers : actions, obligations, ETF, OPCVM. Les frais de tenue de compte sont généralement plus bas – de l'ordre de 0,10 % à 0,30 % par an (données contrats, 2026). En contrepartie, aucun fonds en euros n'est proposé : le capital n'est pas garanti.

Le PER assurantiel, adossé à un contrat d'assurance-vie de groupe, propose un univers d'investissement plus restreint mais inclut presque toujours un fonds en euros à capital garanti. Les frais de gestion sont plus élevés : 0,50 % à 1 % par an sur l'encours, parfois majorés de frais d'arbitrage (0 % à 1 % par mouvement). Ce surcoût, capitalisé sur 20 ou 25 ans, peut amputer le rendement net de plusieurs milliers d'euros.

En pratique, un PER bancaire convient mieux aux épargnants à l'aise avec les marchés financiers et disposant d'un horizon long (≥ 15 ans). Un PER assurantiel sécurise davantage les profils prudents, au prix d'un rendement net souvent inférieur une fois les frais déduits. Le plan épargne retraite individuel détaille ces mécanismes de fonctionnement.

PER bancaire : compte-titres, frais réduits, supports larges

Les PER bancaires (compte-titres) sont distribués par des établissements de crédit et des courtiers en ligne. L'offre s'est étoffée depuis 2020, notamment chez les banques en ligne et les néocourtiers.

  • Crédit Mutuel : versement initial de 50 €, puis 15 €/mois minimum. Accès à l'ensemble des marchés (actions, ETF, OPCVM). Frais de garde réduits.
  • Boursorama : propose un PER bancaire sans frais de tenue de compte sur la partie compte-titres, avec un large choix d'ETF. Versement initial modulable.
  • Fortuneo, BforBank : également présents sur ce segment avec des offres compétitives en frais.

Ces contrats imposent une gestion autonome : l'épargnant choisit lui-même ses supports, sans pilotage automatique. Pour un horizon de 20 ans, la réduction des frais de 0,5 point par an génère un gain net significatif.

PER assurantiel : fonds euros garanti, gestion pilotée, frais plus élevés

Les PER assurantiels sont commercialisés par les compagnies d'assurance, les mutuelles et les réseaux bancaires traditionnels. Ils embarquent une gestion pilotée (profil prudent, équilibré, dynamique) qui ajuste automatiquement l'allocation à l'approche de la retraite.

  • Crédit Agricole (PERspective) : contrat multisupport avec fonds euros, gestion pilotée et versement initial à partir de quelques centaines d'euros.
  • Caisse d'Épargne (MILLEVIE PER) : versement initial de 500 €, versements périodiques minimum 100 €. Fonds euros et unités de compte disponibles.
  • Linxea Spirit PER : courtier en ligne, contrat assurantiel à frais réduits (0,50 %/an sur UC), large gamme d'ETF et de SCPI.

La garantie du fonds euros rassure, mais son rendement – autour de 1,50 % à 2,50 % net de frais en 2026 selon les contrats – reste modeste face à l'inflation. Les unités de compte, non garanties, visent un rendement supérieur sur longue période.

Conditions d'ouverture : âge, statut et versement minimum

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, la condition d'âge est unifiée : il faut avoir 18 ans révolus pour ouvrir un PER individuel. La loi de finances pour 2024 a supprimé la possibilité de souscription par les mineurs, qui existait auparavant pour les PER bancaires (service-public.fr, 2026).

Voir aussi notre article meilleure banque pour un per : comparatif 2026 des offres.

Voir aussi notre article quelles sont les conditions pour ouvrir un per en 2026 ?.

Pour aller plus loin, consultez notre guide sur augmentation csg 2026 et per : l'impact réel des 18,6 %.

Voir aussi notre article per avantages et inconvénients : 8 atouts et 6 pièges.

Sur le même sujet, notre article meilleur per 2026 : comparatif des contrats selon complète cette analyse.

Aucune autre condition n'est imposée. Ni statut professionnel, ni niveau de revenus, ni nationalité française. Un demandeur d'emploi inscrit à France Travail, un étudiant sans revenus, un expatrié fiscalement domicilié en France, un retraité – tous peuvent ouvrir un PER individuel.

Les conditions de versement varient selon l'établissement. Le Crédit Mutuel fixe un ticket d'entrée à 50 € (donnée Crédit Mutuel, juin 2026). La Caisse d'Épargne demande 500 € à l'ouverture pour son contrat MILLEVIE PER (brochure tarifaire, 2021). Les versements périodiques ultérieurs oscillent entre 15 €/mois (Crédit Mutuel) et 100 € (Caisse d'Épargne). Certains contrats n'imposent aucun versement minimum après l'ouverture.

💡 À noter : le PER d'entreprise collectif (PERECO) obéit à une logique différente. Il est ouvert par l'employeur à tous les salariés, sans démarche individuelle à l'initiative du salarié. Les versements peuvent provenir de l'intéressement, de la participation ou d'un abondement patronal.

Avant de souscrire, évaluez le plan épargne retraite dans son ensemble pour vérifier l'adéquation entre vos objectifs patrimoniaux et cette enveloppe.

L'indisponibilité de l'épargne : une contrainte majeure

Le PER est une enveloppe de long terme : l'épargne est bloquée jusqu'à la liquidation de la retraite. Six cas de déblocage anticipé sont prévus par la loi :

  • Invalidité (du titulaire, de son conjoint, ou d'un enfant à charge)
  • Décès du conjoint ou partenaire de PACS
  • Expiration des droits aux allocations chômage
  • Surendettement (procédure judiciaire)
  • Cessation d'activité non salariée (liquidation judiciaire)
  • Acquisition de la résidence principale (sauf si déjà propriétaire dans les 2 ans)

Ces cas sont strictement encadrés. Une difficulté financière passagère ne permet pas de récupérer son épargne. Le PER n'est pas une épargne de précaution. Pour comprendre les modalités exactes de sortie, consultez le guide sur le déblocage PER retraite.

Âge optimal d'ouverture : plus tôt pour les intérêts composés, plus tard pour l'avantage fiscal

Ouvrir un PER à 25 ans plutôt qu'à 55 ans multiplie l'effet des intérêts composés. Avec un rendement annualisé de 4 % net, un versement unique de 5 000 € à 25 ans devient 24 000 € à 65 ans. Placé à 55 ans, il atteindrait seulement 7 400 €.

Il est crucial d'anticiper les inconvénients d'un PER liés à sa fiscalité et ses frais.

L'arbitrage se joue aussi sur l'avantage fiscal. Un jeune actif faiblement imposé (taux marginal 11 %) ne retire qu'un gain modeste de la déduction. Un cadre à 41 % d'imposition marginale économise 410 € d'impôt pour 1 000 € versés. Le PER taux d'intérêt détaille l'impact fiscal selon les tranches.

Où ouvrir son PER : comparatif banques, assureurs et courtiers

Le PER individuel peut être souscrit auprès de trois catégories d'acteurs : une banque, une compagnie d'assurance ou un courtier en ligne. Chaque canal présente des différences en matière de conseil, de frais et de liberté de choix.

Les banques de réseau (Crédit Agricole, Crédit Mutuel, Caisse d'Épargne, Banque Populaire, Société Générale, BNP Paribas) proposent quasi systématiquement un PER assurantiel maison. L'avantage : un interlocuteur physique, un accompagnement en agence. Le revers : des frais de gestion souvent dans la fourchette haute (0,70 % à 0,95 %/an sur encours) et un univers de supports limité aux fonds du groupe.

Les banques en ligne (Boursorama, Fortuneo, BforBank) offrent des PER bancaires à frais réduits, sans conseil personnalisé. L'épargnant gère seul ses investissements via une interface web. Cette solution convient aux profils autonomes qui maîtrisent les fondamentaux des marchés financiers.

Les courtiers spécialisés (Linxea, Meilleurtaux Placement, Altaprofits) négocient des contrats assurantiels à frais optimisés auprès de compagnies partenaires (Spirica, Generali, Apicil). Linxea Spirit PER affiche par exemple des frais de gestion sur UC de 0,50 %/an, contre 0,80 % à 1 % pour les contrats standards des réseaux bancaires. L'accès aux SCPI et aux ETF élargit les possibilités d'investissement.

Comparer au moins trois offres avant de signer reste la règle d'or. Un écart de 0,5 point de frais annuels sur un encours moyen de 50 000 € pendant 20 ans représente une différence terminale de plusieurs milliers d'euros.

PER bancaires : le match Boursorama vs Crédit Mutuel

Un PER bancaire donne accès aux marchés actions mondiaux via des ETF indiciels. Les frais de gestion se limitent aux droits de garde ou à une commission de tenue de compte.

  • Boursorama : PER bancaire sans frais de garde sur la poche titres, large gamme d'ETF iShares et Amundi. Versement initial modulable, pas de contrainte de montant minimum.
  • Crédit Mutuel : versement initial 50 €, versements libres dès 15 €/mois. Accès aux marchés Euronext et aux OPCVM. Frais de courtage standards.

Ces contrats exigent une autonomie de gestion. Aucun mécanisme de désensibilisation automatique n'est intégré : l'épargnant doit manuellement réduire son exposition aux actions à l'approche de la retraite.

PER assurantiels : Crédit Agricole, Linxea et Caisse d'Épargne sous la loupe

Les PER assurantiels incluent un fonds euros et une gestion pilotée par défaut. Les frais y sont structurellement plus élevés.

  • Crédit Agricole PERspective : gestion pilotée à horizon, fonds euros Crédit Agricole (rendement 2025 non communiqué à date), frais de gestion sur UC autour de 0,80 %/an.
  • Linxea Spirit PER : contrat Spirica, 0,50 %/an sur UC, accès à plus de 100 ETF, SCPI (Remake Live, Activimmo), fonds euros Suravenir Opportunités. Pas de frais d'entrée.
  • Caisse d'Épargne MILLEVIE PER : versement initial 500 €, puis 100 € minimum par versement périodique. Frais de gestion UC à 0,95 %/an, arbitrages gratuits en ligne.

La présence d'un fonds euros rassure, mais le rendement net – souvent compris entre 1 % et 2 % après prélèvements sociaux – ne couvre pas l'inflation sur longue période. L'essentiel de la performance repose sur les unités de compte, dont le risque est supporté par l'épargnant.

Avantage fiscal du PER : plafonds 2026 et économie d'impôt réelle

La déduction fiscale constitue le principal moteur de souscription d'un PER individuel. Les versements volontaires sont déductibles du revenu net global imposable, dans la limite d'un plafond annuel.

Pour 2026, ce plafond est le plus élevé des deux montants suivants (service-public.fr, 2026) :

  • 10 % des revenus professionnels 2025, dans la limite de 38 448 € (soit 10 % de 8 PASS 2026 – le PASS 2026 s'établissant à 48 060 €)
  • Un plancher de 4 806 € (10 % du PASS 2026), accessible même sans revenu professionnel

Un salarié déclarant 50 000 € de revenus professionnels en 2025 peut déduire jusqu'à 5 000 € en 2026. Un indépendant facturant 100 000 € peut déduire 10 000 €. Le plafond non utilisé est reportable sur les 5 années suivantes – une durée portée de 3 à 5 ans par la loi de finances pour 2026 (Boursorama, juillet 2026).

L'économie d'impôt dépend du taux marginal d'imposition (TMI) :

  • TMI 0 % : aucun gain fiscal. Le PER perd l'essentiel de son intérêt.
  • TMI 11 % : 110 € économisés pour 1 000 € versés.
  • TMI 30 % : 300 € pour 1 000 €.
  • TMI 41 % : 410 € pour 1 000 €.
  • TMI 45 % : 450 € pour 1 000 €.

⚠️ Attention : les versements déduits seront réintégrés au revenu imposable lors de la sortie en capital. La déduction n'est pas une exonération définitive, mais un différé d'imposition. À la retraite, si le TMI a baissé, le gain net est consolidé. S'il est resté identique ou a augmenté, l'avantage s'amenuise.

De plus, pour bien saisir toutes les implications d'une sortie, explorez l'article sur le déblocage PER retraite et son imposition.

La fiscalité de sortie mérite une analyse distincte pour mesurer le gain net final de l'opération.

Calcul du plafond : année N−1 et mutualisation des compartiments

Le plafond de déduction est calculé sur les revenus professionnels de l'année N−1 : pour les versements 2026, la base retenue est celle des revenus 2025. Cette règle s'applique à tous les compartiments du PER.

Pour un couple marié soumis à imposition commune, chaque époux dispose de son propre plafond, calculé sur ses revenus professionnels individuels. L'époux sans revenu professionnel bénéficie du plancher de 4 806 €.

Le plafond global inclut les versements sur tous les PER détenus (individuel, entreprise, Madelin). Un versement sur un PER d'entreprise collectif consomme le plafond commun, ce qui réduit d'autant la capacité de déduction sur le PER individuel.

Calendrier fiscal : l'impact de la date de souscription

Ouvrir un PER en décembre pour verser avant le 31 décembre permet de capter l'avantage fiscal sur l'année en cours. La date de souscription importe moins que la date de versement pour l'effet fiscal immédiat.

Mais se précipiter fin décembre expose à un choix de contrat non optimal. Mieux vaut ouvrir le PER au second semestre après avoir comparé les offres, puis alimenter le compartiment volontaire avant le 31 décembre.

La loi de finances pour 2026 a introduit la possibilité de transférer un PER sans perdre l'antériorité fiscale des versements. Ce changement facilite la mobilité : un contrat initialement souscrit dans un réseau bancaire peut être transféré vers un courtier à moindres frais sans pénalité fiscale.

Démarches pas à pas pour ouvrir un PER en 2026

L'ouverture suit un parcours standardisé, quel que soit l'établissement choisi. Les étapes sont identiques pour un PER bancaire ou assurantiel, avec quelques variantes documentaires.

Étape 1 – Comparer les offres. Utilisez un comparateur ou consultez les brochures tarifaires de trois à cinq établissements. Les critères : frais de gestion annuels, univers d'investissement, existence d'un fonds euros, souplesse des versements.

Étape 2 – Préparer les documents. Pièce d'identité en cours de validité, justificatif de domicile de moins de 3 mois, RIB. Pour un PER assurantiel, un questionnaire de connaissance client (MIF) évalue votre expérience financière et votre tolérance au risque. Ce questionnaire détermine l'univers d'investissement accessible.

Étape 3 – Souscrire en ligne ou en agence. La plupart des établissements proposent une souscription 100 % digitale avec signature électronique. Le délai d'ouverture varie de 24 heures (banques en ligne) à une semaine (réseaux avec vérification en agence).

Étape 4 – Effectuer le versement initial. Le montant minimum dépend du contrat : 50 € au Crédit Mutuel, 500 € à la Caisse d'Épargne. Ce versement initial active le contrat et déclenche l'ouverture du compartiment.

Étape 5 – Paramétrer la gestion. Pour un PER bancaire, passez un ordre d'achat sur les supports choisis. Pour un PER assurantiel, sélectionnez un profil de gestion pilotée (prudent, équilibré, dynamique) ou une allocation libre parmi les unités de compte disponibles.

Étape 6 – Mettre en place les versements programmés. Programmez un virement automatique mensuel ou trimestriel. L'automatisation discipline l'effort d'épargne et lisse le risque de marché.

📌 Important : le démarchage téléphonique pour les produits d'épargne retraite est strictement encadré. Méfiez-vous des appels non sollicités promettant des « rendements garantis » ou une « optimisation fiscale miracle ». Un PER reste un placement de long terme sans garantie de capital sur les unités de compte.

Questionnaire MIF : point de vigilance souvent sous-estimé

Le questionnaire MIF (Markets in Financial Instruments Directive) évalue quatre dimensions : connaissance des produits financiers, expérience d'investissement, situation financière et tolérance au risque. Selon vos réponses, le contrat pourra restreindre l'accès à certaines unités de compte complexes (actions directes, produits structurés).

Ce n'est pas un examen : il n'y a ni bonne ni mauvaise réponse. Mais répondre de façon exagérément prudente peut cantonner l'épargne au seul fonds euros, dont le rendement net ne dépasse guère 1,5 % à 2 % par an. À l'inverse, un profil trop agressif expose à des risques disproportionnés.

L'erreur classique : indiquer une tolérance au risque maximale pour « débloquer » tous les supports, sans réelle capacité à supporter une baisse de 30 % du capital. Soyez honnête : la performance long terme naît d'une allocation soutenable, pas d'un questionnaire optimisé.

Après l'ouverture : piloter son contrat au quotidien

Un PER bancaire sans versement programmé risque de rester vide. Un PER assurantiel en gestion pilotée « dynamique » à 5 ans de la retraite expose à une chute brutale du capital en cas de krach.

Quelques vérifications post-ouverture :

  • Vérifiez que les versements programmés sont bien actifs (un oubli administratif est fréquent)
  • Pour un PER bancaire, diversifiez sur au moins trois supports (ETF monde, obligations, immobilier coté)
  • Pour un PER assurantiel en gestion pilotée, vérifiez la grille de désensibilisation : à 10 ans de la retraite, l'exposition actions doit commencer à décroître progressivement

Le compartiment individuel peut accueillir les transferts d'anciens produits d'épargne retraite (PERP, Madelin, article 83). Cette opération, techniquement lourde (délai de 3 à 6 mois), unifie la gestion et réduit les frais si le contrat d'accueil est compétitif.

Frais du PER : décryptage des trois postes qui érodent le rendement

Un PER coûte cher si les frais ne sont pas maîtrisés. Les principaux postes de frais à scruter dans la brochure tarifaire :

  • Frais de gestion annuels sur encours : prélevés chaque année sur le capital accumulé. Un contrat à 0,95 %/an prélève 950 € par an sur 100 000 € d'épargne, contre 500 € pour un contrat à 0,50 %. Sur 20 ans, l'écart dépasse 10 000 €.
  • Frais d'arbitrage : 0 % à 1 % du montant arbitré. Gratuits en ligne chez la plupart des courtiers, facturés 0,50 % à 1 % dans certains réseaux bancaires.
  • Frais d'entrée : quasi disparus sur les PER modernes, mais quelques contrats anciens en appliquent encore. Vérifiez qu'ils sont à 0 %.
  • Frais sur versements : certains contrats prélevaient historiquement 3 % à 5 % sur chaque versement. Ces frais sont devenus rares sur les PER ouverts depuis 2020. Un contrat qui en applique doit être écarté.

Les PER bancaires sont structurellement moins chargés en frais que les PER assurantiels. Mais ils imposent une gestion autonome et n'offrent pas de fonds euros. Le compromis frais/sécurité structure le choix du contrat.

Comparer les frais sur la durée réelle de détention (20, 25, 30 ans) plutôt que sur une année isolée donne la mesure réelle de l'impact. Un simulateur de frais cumulés existe rarement dans les brochures : un tableur simple (encours × frais annuels × nombre d'années) suffit à visualiser l'écart.

Simulation chiffrée : l'impact des frais sur 25 ans

Prenons un cas concret : un PER alimenté à hauteur de 3 000 €/an pendant 25 ans, avec un rendement brut des supports de 4 %/an.

Avec des frais de gestion de 0,50 %/an : rendement net = 3,50 %. Capital final = environ 170 000 €.

Avec des frais de 0,95 %/an : rendement net = 3,05 %. Capital final = environ 152 000 €.

L'écart de 0,45 point de frais par an génère une différence terminale de 18 000 €, soit l'équivalent de six années de versements. Cet exemple illustre pourquoi les frais constituent le critère de choix numéro un, devant la notoriété de l'établissement ou la qualité du conseil en agence.

Transfert de PER : changer de contrat sans perdre l'antériorité fiscale

Un PER ouvert dans un réseau bancaire classique peut être transféré vers un contrat plus compétitif. La loi Pacte (2019) a garanti la transférabilité des PER.

Le transfert s'opère sans perte de l'antériorité fiscale : les sommes transférées conservent leur nature (versements déduits/non déduits) et leur date d'origine. Le délai légal de transfert est de 3 mois maximum à compter de la demande complète.

En pratique, les établissements sortants traînent parfois : relancez après 6 semaines sans nouvelle. Les frais de transfert sont plafonnés à 1 % de l'encours transféré, et tombent à 0 % après 5 ans de détention dans le contrat d'origine. Un contrat souscrit depuis plus de 5 ans se transfère gratuitement.

Pièges à éviter : les 3 profils pour qui le PER n'est pas adapté

Le PER n'est pas une enveloppe universelle. Trois situations où il faut s'abstenir ou chercher une alternative :

Profil non imposable ou faiblement imposé (TMI 0 % ou 11 %). L'avantage fiscal est nul ou quasi nul. Le blocage de l'épargne jusqu'à la retraite devient un handicap sans contrepartie. Un PEA (actions) ou une assurance-vie offrent une souplesse bien supérieure sans sacrifice de rendement.

Horizon court (moins de 8-10 ans avant la retraite). La déduction fiscale joue encore, mais la durée de capitalisation est trop brève pour amortir un éventuel krach boursier. Un portefeuille actions a historiquement besoin de 10 à 15 ans pour livrer sa performance moyenne avec une probabilité raisonnable.

Besoin de liquidités à moyen terme. Le PER bloque l'épargne jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé stricts. Un projet immobilier dans 5 ans, un besoin de trésorerie professionnelle, des études d'enfants à financer : ces objectifs relèvent d'autres enveloppes (assurance-vie, CTO, livrets).

⚠️ Attention : l'erreur classique consiste à verser sur un PER des sommes dont on pourrait avoir besoin avant la retraite. Les cas de déblocage anticipé sont limitatifs : une simple baisse de revenus ou un divorce ne permettent pas de récupérer son capital. L'épargne retraite doit être composée de fonds dont on est certain de ne pas avoir besoin avant la liquidation des droits.

Pour approfondir les avantages et les limites de cette enveloppe, le guide sur le plan épargne retraite déblocage détaille les conditions de sortie.

Fiche pratique

Âge minimum pour ouvrir un PER individuel18 ans (depuis le 1er janvier 2024)
Plafond de déduction fiscale 202610 % des revenus professionnels 2025, maximum 38 448 € (soit 10 % × 8 PASS 2026)
Plancher annuel de déduction4 806 € (10 % du PASS 2026), si aucun revenu professionnel
Durée de cumul des plafonds inutilisés5 ans (depuis le 1er janvier 2026)
Versement initial minimum (PER bancaire Crédit Mutuel)50 €
Versement périodique minimum (PER bancaire Crédit Mutuel)15 €/mois
Sortie en capitalFractionnable (sorties partielles programmées possibles)
Cas de déblocage anticipéInvalidité, décès du conjoint, expiration des droits chômage, surendettement, cessation d'activité, acquisition résidence principale
Frais de gestion indicatifs (PER assurantiel)0,50 % à 1,00 %/an sur encours ; PER bancaire souvent 0,10 % à 0,30 %/an
Frais d'arbitragesouvent 0 à 1 % du montant arbitré selon contrat
Contact officielservice-public.fr (fiche F34982), impots.gouv.fr (épargne retraite)

Sources

Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.

Questions sur la retraite

Quelles sont les conditions pour ouvrir un PER ?

Pour ouvrir un PER individuel, il faut être majeur (18 ans révolus). Aucune condition de situation professionnelle ni de revenus n'est exigée : un demandeur d'emploi, un étudiant ou un retraité peut souscrire. Depuis le 1er janvier 2024, les mineurs ne peuvent plus ouvrir de PER individuel (loi de finances pour 2024, service-public.fr).

Quelle est la meilleure banque pour ouvrir un PER ?

Aucune banque n'est objectivement « la meilleure » pour tous les profils. Le choix dépend de trois critères : les frais annuels (gestion, arbitrage, versement), la qualité des supports d'investissement disponibles et votre horizon de placement. Les PER bancaires (compte-titres) offrent un large choix d'ETF et actions, quand les PER assurantiels proposent des fonds en euros sécurisés. Comparer ces critères avant de souscrire reste indispensable.

Est-ce judicieux d'ouvrir un PER ?

Ouvrir un PER est judicieux si vous êtes imposé à un taux marginal d'au moins 30 % et que vous pouvez bloquer votre épargne jusqu'à la retraite. La déduction fiscale des versements peut générer une économie d'impôt immédiate de plusieurs milliers d'euros. En revanche, pour un profil non imposable ou à horizon court (< 10 ans), l'intérêt s'amenuise fortement.

Quels sont les inconvénients d'un PER ?

Les trois principaux inconvénients : l'indisponibilité de l'épargne jusqu'à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé strictement encadrés), la fiscalité à la sortie (en capital : barème progressif sur les plus-values ou prélèvement forfaitaire unique de 30 %, et les versements déduits sont réintégrés à l'impôt sur le revenu), et les frais de gestion parfois élevés sur les contrats assurantiels qui peuvent éroder le rendement net.