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Départ anticipé carrière longue 2026 : conditions

Partez à la retraite avant 64 ans grâce au dispositif carrière longue. Conditions d'âge, trimestres cotisés, RACL, démarches CNAV : guide complet et clair.

Isabelle PicardIsabelle Picard 15 min de lecture
Départ anticipé carrière longue 2026 : conditions

Le départ anticipé carrière longue reste l'un des rares leviers permettant de quitter la vie active avant l'âge légal sans subir de décote. Introduit en 2003 et profondément remanié par la réforme des retraites de 2023, ce dispositif conserve quatre paliers de départ : 58, 60, 62 et 63 ans. Mais son accès dépend d'une mécanique méconnue : la distinction entre trimestres « cotisés » et « assimilés ». Un seul écart dans le décompte, et la demande peut être rejetée. Ce guide détaille les conditions d'éligibilité, le calcul des trimestres retenus et les démarches pour constituer un dossier solide.

Ce qu'est vraiment le dispositif carrière longue (et ce qu'il n'est pas)

La retraite anticipée pour carrière longue (RACL) autorise un départ avant l'âge légal de 64 ans pour les assurés ayant commencé à travailler jeunes et justifiant d'une durée d'assurance suffisante, constituée quasi exclusivement de trimestres cotisés. Le dispositif ne déroge pas au principe de durée : il exige d'avoir validé autant de trimestres que la génération de l'assuré en requiert pour le taux plein, mais il avance la ligne d'arrivée.

Contrairement à une idée répandue, la carrière longue n'est pas une « porte de sortie » pour tous les salariés précoces. Deux conditions cumulatives doivent être remplies : un âge de début d'activité situé avant une borne précise, et un nombre de trimestres cotisés égal à la durée d'assurance exigée pour sa génération. Un seul écart, et la CNAV refuse la demande.

Le dispositif ne doit pas être confondu avec la retraite anticipée pour inaptitude, pour handicap, ou pour pénibilité. Ces trois régimes obéissent à des critères différents et ne sont pas abordés ici.

Origine légale du dispositif

Créé par la loi du 21 août 2003 portant réforme des retraites, le dispositif carrière longue a été élargi en 2012 puis révisé en profondeur par la loi n°2023-270 du 14 avril 2023. Cette dernière a repoussé l'âge légal de départ de 62 à 64 ans et, par ricochet, a relevé les bornes des paliers de la carrière longue. Les assurés nés à partir de septembre 1961 sont soumis aux nouvelles règles. Ceux nés avant cette date restent sous le régime transitoire antérieur. La réforme a également introduit un palier à 63 ans pour les débuts d'activité entre 20 et 21 ans, auparavant non couvert.

Différence avec les autres retraites anticipées

La RACL se distingue de la retraite anticipée pour inaptitude, qui exige une incapacité permanente d'au moins 50 %, et de la retraite anticipée pour handicap, réservée aux assurés justifiant d'un taux d'incapacité et d'une durée d'assurance en situation de handicap. Elle diffère aussi du compte professionnel de prévention (C2P), qui convertit des points de pénibilité en trimestres de majoration. Ces dispositifs sont régis par des articles distincts du code de la sécurité sociale et mobilisent des caisses différentes : la CNAV pour le régime général, la MSA pour le régime agricole. En pratique, un assuré peut cocher plusieurs cases et choisir le dispositif le plus favorable, mais les dossiers sont instruits séparément.

Les conditions d'éligibilité : âge de départ et âge de début d'activité

L'éligibilité au départ anticipé carrière longue repose sur deux variables croisées : l'âge auquel l'assuré souhaite partir et l'âge auquel il a commencé à cotiser. La CNAV retient l'âge de début d'activité comme la première année où l'assuré a validé un nombre minimal de trimestres. Cette notion, souvent mal comprise, détermine le palier accessible.

La durée d'assurance requise évolue selon l'année de naissance. Pour la génération 1965, elle est de 169 trimestres (42 ans et 1 trimestre). Pour la génération 1970, elle atteint 172 trimestres (43 ans). Cette durée doit être intégralement couverte par des trimestres cotisés ou réputés cotisés pour les paliers les plus précoces (58 et 60 ans).

Les paliers d'âge de départ (58, 60, 62, 63 ans)

Le dispositif prévoit quatre paliers, fixés par la réforme de 2023 pour les assurés nés à partir de septembre 1961. Un départ à 58 ans est réservé aux assurés ayant débuté leur activité avant 16 ans et justifiant d'une durée d'assurance cotisée égale à la durée requise pour leur génération, majorée de 4 ou 8 trimestres selon l'âge précis. Le palier 60 ans concerne les débuts d'activité avant 18 ans. Le palier 62 ans couvre les débuts avant 20 ans. Le palier 63 ans, introduit par la réforme de 2023, s'adresse aux assurés ayant commencé entre 20 et 21 ans. Ces seuils sont stricts : un début d'activité à 20 ans et 3 mois ne permet pas d'accéder au palier 62 ans ; il faut se tourner vers le palier 63 ans.

Qu'est-ce que l'âge de début d'activité retenu par la CNAV ?

L'âge de début d'activité ne correspond pas nécessairement à la date du premier contrat de travail. La CNAV retient l'année civile où l'assuré a validé un nombre minimal de trimestres, généralement 4 ou 5 trimestres selon le palier visé. Pour un départ à 58 ou 60 ans, il faut avoir validé 5 trimestres l'année de ses 16, 18 ou 20 ans (selon le cas). Pour les paliers 62 et 63 ans, 4 trimestres suffisent. Cette subtilité peut sauver un dossier : un assuré ayant signé son premier CDI en novembre de l'année de ses 20 ans n'aura peut-être qu'un trimestre validé cette année-là. Sa première « année complète » décalera son âge de début d'activité retenu, et donc le palier accessible.

Cas des périodes de service national et d'apprentissage

Les périodes de service national (service militaire obligatoire jusqu'en 1997, volontariat service civique) sont prises en compte dans la durée d'assurance et peuvent, sous conditions, être réputées cotisées si elles sont encadrées par des périodes de travail. L'apprentissage donne lieu à validation de trimestres dès lors que les cotisations ont été versées. Le carnet d'apprentissage constitue un justificatif recevable par la CNAV. Pour les assurés ayant effectué un apprentissage avant 16 ans (dispositif prévu par le code du travail pour certains métiers), les trimestres validés sont retenus comme début d'activité.

L'essentiel

  • Le dispositif carrière longue permet un départ dès 58, 60, 62 ou 63 ans selon l'âge de début d'activité, sans décote sur la retraite de base
  • Seuls les trimestres cotisés et certains trimestres réputés cotisés (maternité, invalidité, accident du travail, 4 trimestres de chômage indemnisé) comptent pour l'éligibilité
  • Un seul trimestre cotisé manquant peut entraîner le rejet du dossier : le simulateur M@rel sur info-retraite.fr permet de le vérifier en amont
  • La demande se dépose 4 à 6 mois avant la date souhaitée, avec tous les justificatifs prouvant le début d'activité et la nature des trimestres

Trimestres cotisés vs trimestres assimilés : la distinction qui change tout

L'erreur la plus fréquente chez les assurés qui préparent un dossier de départ anticipé carrière longue : confondre trimestres « cotisés » et trimestres « assimilés ». Sur le relevé de carrière, tous les trimestres validés semblent équivalents. Pourtant, pour la RACL, seuls les trimestres cotisés (travail effectif ayant donné lieu à prélèvement de cotisations vieillesse) et certains trimestres « réputés cotisés » sont retenus. Les trimestres simplement « assimilés » (maladie ordinaire, chômage non indemnisé, invalidité sans lien avec le travail) comptent pour la durée d'assurance globale, mais pas pour l'éligibilité carrière longue. Croire remplir la condition de trimestres cotisés sur la base du total affiché en première page du relevé de carrière est un piège qui conduit à un refus.

L'écart peut représenter plusieurs années. Un assuré qui totalise 172 trimestres validés peut n'en avoir que 158 de « cotisés » au sens de la RACL. Dans ce cas, sa demande est irrecevable, même si sa durée d'assurance dépasse le seuil requis.

Trimestres réputés cotisés : maternité, invalidité, accident du travail

Certaines périodes non travaillées sont assimilées à des trimestres cotisés par la loi. La maternité ouvre droit à des trimestres « réputés cotisés » pour l'accouchement et le congé maternité, dans la limite de 4 trimestres par enfant (service-public.fr, 2026). L'invalidité, lorsqu'elle est reconnue par la sécurité sociale, permet également de valider des trimestres réputés cotisés. Les accidents du travail et maladies professionnelles, dans la limite de 4 trimestres, bénéficient du même traitement. Attention : la maladie ordinaire (arrêt de travail classique) ne génère que des trimestres assimilés, jamais réputés cotisés. Cette distinction est capitale pour les assurés ayant connu de longs arrêts maladie.

Ce que les trimestres de chômage ne couvrent PAS

Les périodes de chômage indemnisé sont plafonnées à 4 trimestres dans le décompte des trimestres cotisés pour la carrière longue (service-public.fr, 2026). Au-delà de cette limite, les trimestres de chômage restent validés comme « assimilés » pour la durée d'assurance totale, mais ils ne sont plus retenus comme cotisés. Le chômage non indemnisé ne donne lieu à aucune validation, ni cotisée ni assimilée. Concrètement, un assuré ayant connu 18 mois de chômage indemnisé (6 trimestres) verra seulement 4 trimestres comptabilisés comme cotisés ; les 2 autres seront exclus du décompte RACL. Sur un écart de 2 trimestres, une demande entière peut tomber.

Comment vérifier son relevé de carrière sur Info-Retraite

Le site info-retraite.fr, géré par le GIP Union Retraite, permet de consulter son relevé de carrière tous régimes confondus. L'assuré doit créer un compte et accéder à l'onglet « Ma carrière ». Le relevé détaille, année par année, le nombre de trimestres validés et leur nature (cotisés, assimilés, réputés cotisés). Le simulateur M@rel, accessible depuis le même portail, croise automatiquement ces données avec les conditions de la carrière longue et indique si l'assuré est éligible et à quelle date. C'est le premier réflexe à adopter avant toute démarche papier, car il évite de constituer un dossier voué au rejet.

Cas pratique : simuler son éligibilité avant de déposer un dossier

Les conditions d'éligibilité au départ anticipé carrière longue restent abstraites tant qu'on ne les confronte pas à un parcours réel. Prenons un scénario concret pour illustrer le calcul des trimestres cotisés et l'impact des périodes de chômage.

Profil type : salarié ayant débuté à 18 ans

Prenons le cas de Nadia, née en mars 1964. Elle a débuté sa carrière en septembre 1982, à 18 ans, comme employée dans une PME de la Loire. Elle a cotisé sans interruption jusqu'en 2005, puis a connu 3 années de chômage indemnisé entre 2006 et 2008 (12 trimestres). Elle a ensuite retrouvé un emploi jusqu'à aujourd'hui. À 62 ans, en 2026, elle totalise 176 trimestres validés sur son relevé de carrière. La durée requise pour sa génération (1964) est de 169 trimestres. Sur le papier, elle dépasse le seuil de 7 trimestres. Pourtant, sa situation mérite un examen attentif.

Impact d'une période de chômage sur le décompte

Les 12 trimestres de chômage de Nadia sont tous « validés » pour la durée d'assurance. Mais pour le décompte « cotisés » de la RACL, seuls 4 trimestres sont retenus (plafond légal). Les 8 autres sont de simples trimestres assimilés. Nadia a donc 164 trimestres de travail effectif + 4 trimestres de chômage réputés cotisés = 168 trimestres cotisés. Or, sa génération exige 169 trimestres cotisés. Il lui manque 1 trimestre. Si elle dépose sa demande sans vérifier ce décompte, elle recevra un refus de la CNAV. En revanche, si elle travaille 3 mois supplémentaires (1 trimestre) avant de déposer, elle franchira le seuil des 169 trimestres cotisés et deviendra éligible au palier 62 ans. Ce cas illustre l'importance cruciale d'anticiper le décompte réel des trimestres cotisés.

Utiliser le simulateur officiel M@rel pour affiner

Le simulateur M@rel, accessible sur le site info-retraite.fr après création d'un compte personnel, est l'outil de référence pour tester son éligibilité. Il se connecte directement au relevé de carrière de l'assuré et applique les règles de calcul de la CNAV en temps réel. Le résultat indique, pour chaque palier (58, 60, 62, 63 ans), si l'assuré remplit les conditions et à quelle date. En cas d'écart, M@rel signale le nombre de trimestres cotisés manquants. Ce diagnostic automatisé permet d'ajuster sa stratégie (prolonger son activité de quelques mois, rechercher des trimestres réputés cotisés oubliés) avant de déposer un dossier formel. Le simulateur est gratuit et ne génère aucun engagement.

Démarches concrètes : de la demande à la date d'effet

Une fois l'éligibilité confirmée par le simulateur M@rel, la constitution du dossier de départ anticipé carrière longue obéit à un calendrier précis et à des exigences documentaires strictes. La CNAV instruit les demandes dans l'ordre d'arrivée, et un dossier incomplet entraîne des allers-retours qui peuvent repousser la date d'effet de plusieurs mois.

Quand déposer sa demande ? (délai recommandé avant la date souhaitée)

La demande de retraite anticipée pour carrière longue doit être déposée 4 à 6 mois avant la date de départ souhaitée (service-public.fr, 2026). Ce délai permet à la CNAV d'instruire le dossier, de vérifier l'ensemble des trimestres cotisés auprès des différentes caisses (régime général, MSA, régimes spéciaux le cas échéant) et de demander des pièces complémentaires si nécessaire. Un dépôt trop tardif peut décaler la date d'effet au-delà de la date visée et entraîner un mois, voire deux, sans pension. Les assurés encore en poste doivent également respecter le préavis de démission ou de départ en retraite prévu par leur convention collective, distinct du délai CNAV.

Documents justificatifs à réunir

La CNAV exige des justificatifs prouvant la réalité du début d'activité et la nature des trimestres cotisés. Les bulletins de salaire des premières années d'activité sont essentiels, surtout lorsque le relevé de carrière les mentionne de manière incomplète (ce qui arrive fréquemment pour les carrières antérieures à 1980). Le carnet d'apprentissage, les attestations d'employeurs successifs, les certificats de travail et les relevés de compte de points AGIRC-ARRCO peuvent tous servir à établir la continuité de la carrière. Pour les périodes de chômage, les attestations de France Travail (ex-Pôle emploi) précisant les périodes indemnisées sont requises. Les femmes ayant bénéficié de congés maternité doivent fournir les justificatifs correspondants pour faire valoir leurs trimestres réputés cotisés.

Le rôle de l'entretien préalable avec la CNAV ou la MSA

Un entretien conseil retraite peut être sollicité auprès de la CNAV (ou de la MSA pour le régime agricole) avant même le dépôt du dossier. Ce rendez-vous, gratuit et sans engagement, permet de passer en revue le relevé de carrière avec un conseiller, de vérifier l'éligibilité au dispositif carrière longue et d'identifier les éventuelles pièces manquantes. L'assuré repart avec une information fiable et, dans certains cas, une attestation de trimestres validés. Cet entretien ne garantit pas l'acceptation du dossier : seul le service instructeur statue : , mais il réduit le risque d'un dépôt incomplet ou prématuré. La demande s'effectue ensuite en ligne via le compte retraite sur info-retraite.fr, ou par courrier recommandé avec accusé de réception.

Carrière longue et montant de pension : ce à quoi s'attendre

Un départ anticipé en carrière longue ne pénalise pas le montant de la pension de base, à condition que les critères d'éligibilité soient strictement remplis. Le taux plein est garanti par le dispositif lui-même : l'assuré qui part dans le cadre de la RACL est réputé avoir la durée d'assurance requise, et sa pension est calculée au taux de 50 % du salaire annuel moyen (dans la limite du plafond de la sécurité sociale), sans décote. Cela dit, le salaire annuel moyen retenu pour le calcul reste déterminé par les 25 meilleures années de revenus. Un départ anticipé signifie mécaniquement que l'assuré a cotisé moins longtemps, ce qui peut réduire le salaire annuel moyen si les dernières années de carrière étaient les plus rémunératrices.

Taux plein garanti si conditions remplies : ce que cela signifie

Le taux de 50 % s'applique au salaire annuel moyen, lui-même plafonné au PASS (plafond annuel de la sécurité sociale), soit 48 060 € en 2026. Une carrière complète au plafond donne une pension de base maximale d'environ 1 930 € bruts par mois (CNAV, 2026). Ce montant théorique est rarement atteint : le salaire annuel moyen de la plupart des assurés est inférieur au PASS. Pour un salaire annuel moyen de 30 000 €, la pension de base s'établit à environ 1 250 € bruts par mois (30 000 × 50 % / 12). Ces ordres de grandeur ne constituent pas une promesse de résultat : seul un calcul personnalisé via les simulateurs officiels (M@rel ou le simulateur de service-public.fr) donne une estimation fiable.

Les complémentaires AGIRC-ARRCO et la minoration temporaire

La retraite complémentaire AGIRC-ARRCO, qui représente une part significative de la pension totale des salariés du privé (souvent 30 à 60 %), applique ses propres règles. En cas de départ anticipé carrière longue, l'AGIRC-ARRCO ne prononce pas de décote sur la part complémentaire si les conditions de taux plein du régime de base sont remplies. Toutefois, une minoration temporaire de 10 % peut s'appliquer pendant 3 ans (sauf exceptions : carrière longue complète, exonération spécifique). Cette minoration cesse automatiquement au bout de 3 ans, et la pension complémentaire est alors versée à taux plein. Le simulateur officiel de l'AGIRC-ARRCO, accessible sur agirc-arrco.fr, intègre ce paramètre dans ses projections.

Anticiper avec un bilan retraite personnalisé

Le bilan retraite, proposé par la CNAV, la MSA et les caisses complémentaires, permet d'obtenir une estimation chiffrée de sa future pension, tous régimes confondus. Il intègre les spécificités de la carrière longue et projette plusieurs scénarios de départ. Le document est adressé par courrier dans un délai de 2 à 3 mois après la demande. Pour les assurés à 5 ans ou moins de l'âge de départ envisagé, ce bilan constitue un outil de décision précieux. Il ne remplace pas une consultation avec un conseiller retraite, mais il fournit une base objective pour évaluer si un départ anticipé carrière longue est financièrement tenable.

Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.

Questions sur la retraite

Peut-on partir à la retraite avant 62 ans avec une carrière longue ?

Oui, le dispositif carrière longue permet un départ dès 58 ou 60 ans, à condition d'avoir commencé à travailler avant 16 ou 18 ans et de justifier de la durée d'assurance requise pour sa génération en trimestres cotisés (ou réputés cotisés). Ces deux paliers sont réservés aux carrières les plus précoces. Un départ à 58 ans exige d'avoir validé au moins 5 trimestres l'année de ses 16 ans.

Combien de trimestres faut-il avoir cotisé pour bénéficier du dispositif carrière longue ?

Le nombre de trimestres cotisés requis est égal à la durée d'assurance exigée pour le taux plein de la génération de l'assuré. Cette durée varie de 167 trimestres (générations nées avant 1960) à 172 trimestres (générations nées à partir de 1973). Pour la génération 1965, la durée requise est de 169 trimestres. Tous ces trimestres doivent être cotisés ou réputés cotisés.

Les trimestres de chômage comptent-ils pour la carrière longue ?

Les trimestres de chômage indemnisé sont pris en compte dans la limite de 4 trimestres pour l'ensemble de la carrière dans le décompte cotisé de la RACL. Au-delà, ils restent validés pour la durée d'assurance totale (trimestres assimilés), mais ne comptent plus comme cotisés. Le chômage non indemnisé ne génère aucun trimestre, ni cotisé ni assimilé.

Comment prouver que j'ai commencé à travailler avant 20 ans ?

La CNAV s'appuie sur les bulletins de salaire, les certificats de travail, le carnet d'apprentissage, les attestations d'employeurs et les relevés de points AGIRC-ARRCO de la période concernée. Si ces documents ont disparu, les relevés de carrière des caisses de retraite complémentaire peuvent attester des premières cotisations. Un entretien préalable avec la CNAV permet de faire le point sur les justificatifs disponibles avant de déposer un dossier incomplet.

La retraite anticipée carrière longue entraîne-t-elle une décote sur la pension ?

Non. Le dispositif carrière longue garantit le taux plein de 50 % sur la pension de base, sans décote, dès lors que les conditions d'éligibilité sont remplies. L'assuré est réputé avoir la durée d'assurance requise pour sa génération. Le montant de la pension dépend du salaire annuel moyen calculé sur les 25 meilleures années. La retraite complémentaire AGIRC-ARRCO peut appliquer un